Débat sur la coexistence OGM / non OGM

28 Septembre 2007, première conférence / débat du collectif "Vigilance OGM 79"sur le théme " La coexistence des filières agricoles sans OGM et avec cultures OGM".

Voici donc un petit compte rendu fait par Geneviève grace aux notes de Chantal, Annick et Jean Michel :

- Intervenants : Christian HUYGHE, chercheur à l’INRA Lusignan ; Jacques PASQUIER, secrétaire général de la Confédération Paysanne en charge du dossier OGM ; Georges CASTIEL, Maire d’Ardin (79).

- Christian Huyghe (chercheur à l'INRA) :

Etat des lieux : 100 000 000 ha d'OGM cultivés dans le monde, ce qui représente 3 fois la surface agricole de le France (aux EU, en Argentine, Canada, Chine, Brésil, principalement) pour 4 cultures OGM : soja, maïs, coton, colza.

En 2007 : 22 000 ha de maïs OGM en France, c'est 0,7 % de la surface cultivée en maïs (notons que des parcelles OGM sont recensées dans le sud Deux-Sèvres).

Les travaux des chercheurs portent sur : la résistance aux herbicides, la résistance aux insectes, la résistance aux virus, la tolérance à la sécheresse et aux basses températures.
Les avantages nutritionnels : amélioration qualitative (amidon, teneur en nitrates, acides aminés soufrés), amélioration de la durée de tenue en rayon (vente), teneur en micronutriments (riz doré en Inde : grosse teneur en vitamine A, riz contre la diarrhée infantile).
Les avantages industriels : production de protéines, vaccins, anticorps, hémoglobine, lipase gastrique, arbres à teneur réduite en lignine pour la production de pâte à papier, matières plastiques biodégradables, soie
Les inconvénients et risques possibles : protéines allergisantes, risque environnemental (dissémination incontrôlée et incontrôlable vers les cultures et fuites vers le milieu naturel), risque de reproduction (mâle et femelle), généralisation de l'utilisation de certains herbicides et développement de résistances, développement de résistances également par et pour les insectes, problème de rotation des cultures sur les sols.
Risques économiques : non choix ou choix réduit de végétaux, coexistence difficile entre filières OGM et non OGM (risques de contamination), réduction du nombre d'espèces (disparition des anciens légumes), réduction du nombre d'entreprises ayant accès aux gènes (la recherche coûte cher, donc création de monopoles ... du vivant ! démarche d'économie libérale).

Question d'éthique : a-t-on le droit de manipuler les gènes et de se croire plus fort que la Nature ? Ceci nous amène à nous demander ce qu'est le progrès et à nous poser 2 questions: peut-on breveter les gènes ? Est-ce moralement acceptable ?
Pour info : l'ADN est en place depuis le début de la vie (2MM d'années), avons-nous le droit de changer cela ?

- Georges Castiel (maire d'Ardin et médecin en retraite) :

Il rappelle avoir pris, en 2001, un arrêté anti OGM dans sa commune pour protéger les cultures bio. L'OGM aboutit à un organisme surnaturel par transfert d'un gène à un autre.Ce que nous avons le plus à craindre ce sont les risques à long terme de la manipulation du vivant. Il fait un parallèle avec le cancer qui met souvent des années à se déclarer et avec le scandale de l'amiante : les expertises ont été faites par ceux qui fabriquaient l'amiante et il a fallu 30 ans pour prendre en compte le mésothélium (cancer de la plèvre dont l'amiante est directement responbsable).

Des chercheurs anglais ont nourri 2 lots de rats avec des pommes de terre OGM pour l'un et sans OGM pour l'autre. Pour ceux nourris avec des pommes de terre OGM, on a pu constater des destructions du foie, de la rate et de cellules du sang. Les OGM entrainent des risques d'allergisation par le passage des protéines végétales au monde animal et réciproquement. Existent également des risques à long terme dans la chaîne alimentaire, de mutations génétiques, prélude aux cancers.

- Jacques Pasquier (secrétaire général de la Confédération Paysanne, en charge du dossier OGM)

Il y avait en 2006, 22 000Ha de maïs transgénique en France soit 0,7% du total. Les OGM cultivés en France sont brevetés par Monsanto qui peut se faire payer si on utilise ses semences (problème de dissémination, ces semences peuvent se retrouver dans des cultures sans que le cultivateur ne l'ait souhaité). Le problème, c'est qu'il n'y a pas de différence d'apparence entre une culture OGM et une culture sans OGM.
Le premier OGM a été autorisé par Corine Lepage et le 2ème par Dominique Voynet qui ont du abandonner leurs convictions et plier devant les règles européennes. Une demande est déposée pour un 3ème maïs OGM.
Conclusion : il faudrait prendre des moratoires au coup par coup par culture OGM et n'autoriser la recherche que sous abri.

La soirée s'est terminée par un débat dans la salle (qui était archi comble) et personne, parmi les présents, n'a pris fait et cause pour la culture des OGM en plein champ.

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