Visite d'une délégation de CIMES sur le site industriel de Rhodia / Danisco le 22 avril 2008

La délégation de CIMES composée de : Geneviève Paillaud (Présidente), Alexis Mazoyer (vice Président et webmaster), Isabelle Varenne (trésorière), Annick Carnero, François Riedel et Michel Mirebeau (membres du Conseil d'Administration) a été reçue par Monsieur Seris (directeur de Rhodia Melle depuis le début de l'année 2008), Monsieur Barthole (directeur de Danisco Melle), Monsieur Perrona (responsable hygiène, sécurité, environnement à Rhodia Melle) et Monsieur Le Guilloux (responsable qualité, hygiène, sécurité, environnement à Danisco Melle).

Tout d'abord, les représentants de CIMES remercient leurs hôtes pour leur accueil chaleureux et leur très grande disponibilité puisqu'ils nous ont reçu tout de même de 14 heures à 19h30; soit bien plus longtemps que la durée initialement programmée.

- Présentation de Rhodia Melle par Monsieur Seris :

Effectifs : 170 salariés.

Les dépenses de fonctionnement, environnement en particulier pour la station d'épuration : 2 640 000 € refacturés en grande partie à Danisco.

La production : 18 000 tonnes de produit/an dont 80% pour l'exportation. L'entreprise verse 600 000 € d'impôts et taxes. Les domaines de Rhodia Melle sont la chimie du sodium (par campagne), les Esters et cyclopentanone (en continu). Les esters sont en très forte perte de vitesse due à la concurrence chinoise. Ces productions, faites à Rhodia Melle, sont utilisées dans l'industrie cosmétique, la parfumerie, la stabilisation des PVC,  les pneumatiques et dans les peintures (additifs).

Le site industriel étant partagé avec Danisco, il existe des contrats de fourniture entre Rhodia et Danisco : pour l'énergie (vapeur, électricité), pour la station d'épuration, pour le gardiennage, pour la protection incendie, pour les astreintes (sécurité). Il existe une chartre Hygiène Sécurité Environnement pour la plateforme.

- Rhodia et le développement durable :

L'an dernier, l'ammoniac a été supprimé grâce à un nouveau procédé plus propre. La réglementation est très stricte et elle impose de dépolluer au niveau du sol mais pas en profondeur (Les piézomètres permettent de vérifier si il y a pollution de l'eau).

Rhodia doit préserver les ressources naturelles : eau, énergie, matières premières et réduire les impacts environnementaux tout en maîtrisant les risques industriels et environnementaux.
Pour l'environnement, les dépenses sont de 8,5 Millions d'euros en 5 ans dont une grande partie pour la récupération et le traitement des eaux usées. Les rejets dans l'air sont suivis (gaz à effet de serre) par une mesure annuelle envoyée à la DRIRE.
Pour l'eau, le contrôle se fait principalement sur la DCO (demande chimique en oxygène) et des piézomètres sont insallés dans les zones proches des étangs. Notons qu'une attention toute particulière est apportée à la surveillance de la légionnellose. Le rendement de la station d'épuration arrive à 97% ce qui est un très bon résultat. La consommation d'eau (potable et source)  est d'environ 130 000 m3 par mois lorsque l'usine fonctione et d'envrion 75 000 m3 lorsque la production est arrêtée (août).

- Présentation de Danisco par Monsieur Barthole.

Effectifs : 105 salariés.

Dépenses de fonctionnement environnement : 1,5 million d'euros par an. Danisco verse également 1,5 million d'euros de taxes professionnelles.

L'activité de Danisco est dirigée principalement vers l'industrie alimentaire : sucre et ingrédients alimentaires comme la gomme xanthane (polymère naturel de sucre). Les produits alimentaires sont purifiés dans l'alcool. Outre l'alimentaire, la production sert également à l'industrie pharmaceutique. Parmi les applications techniques on trouve les détergents, des auto-bronzant.

Chez Danisco "nous faisons de la chimie dans l'eau" (ce qui implique que les risques liés à l'utilisation de produits toxiques ne sont pas chez Danisco).

- Danisco et le développement durable :

Danisco est Danois et l'attachement des peuples nordiques à l'environnement est bien connu. La démarche est différente et les salariés qui ont été transférés chez Danisco ont du être formés à l'esprit du groupe qui privilégie la participation des salariés, l'environnement et la sécurité. C'est un changement culturel qui porte ses fruits.

Nous avons un programme qui prévoit une réduction de 20 % de l'énergie utilisée et allons faire, en octobre 2008, une étude complémentaire des consommations énergétiques.

visite de l'usine par CIMESvisite de l'usine par CIMES

QUESTIONS DE CIMES AUX REPRESENTANTS DU SITE INDUSTRIEL RODHIA DANISCO

Classement Seveso seuil haut :

Question CIMES Il serait dû à la capacité de stockage de substances toxiques (au delà de 20 tonnes). Quelles sont les substances toxiques qui peuvent nécessiter sur le site, cette capacité de stockage ? Envisagez-vous de faire en sorte de modifier cette classification ?

Réponse industriel : Nous ne demandons pas une modification du classement car nous avons des besoins en capacité de stockage. En chimie, nous utilisons des produits toxiques et très toxiques ainsi que des produits inflammables. Nous ne pouvons pas vous dire lesquels, nous ne pouvons pas donner les noms car nous devons préserver les secrets de fabrication. Il y a une réflexion en cours sur la zone de sécurité (le périmètre de sécurité autour du site).

Travaux antibruit :

Question CIMES : Les résultats ne sont pas ceux attendus par les riverains. Sont-ils conformes à ce qui avait été envisagé ? Y a-t-il des travaux complémentaires de prévus ?

Réponse industriel : Nous avions passé un contrat qui prévoyait une obligation de résultat : diviser par 2  l'impact sonore. Le résultat est atteint et le montant des travaux effectués est de 300 000 €.  Nous avons fait des travaux complémentaires (rajout de lamelles pour limiter le bruit) et nous allons mettre un variateur sur un ventilateur car, sans variateur, il marche toujours à fond.  Nous ne nous contentons pas des résultats obtenus et nous allons tester un nouveau lubrifiant, nous allons mettre un purgeur automatique sur le réseau d'air. Cela devrait diminuer également l'intensité sonore.

Les odeurs :

Question CIMES : Nous avons reçu à plusieurs reprises des réponses à nos courriers où vous nous dites qu'effectivement, il y a eu des odeurs particulièrement désagréables mais que vous aviez trouvé leurs causes et fait les travaux nécessaires. Ces affirmations sont constantes et pourtant, le problème reste entier. Qu'allez vous faire et à quelle échéance pouvons-nous espérer une solution satisfaisante pérenne ?

Réponse industriel : Il y a 2 sources principales de mauvaises odeurs : l'évent de cyclopentanone (ce problème est règlé) et la station d'épuration : maintenant nous soutirons les boues du décanteur et nous avons supprimé le bac de stockage intermédiaire. La fréquence des fortes nuisances olfactives a diminué mais, lorsque cela arrive, nous essayons de lier le constat à l'évènement et ce n'est pas évident. Nous avons demandé aux salariés de signaler tout problème (un jury du nez interne en quelque sorte).

Station d'épuration :

Question CIMES : Elle avait nécessité un déboisement et vous aviez obligation de replanter. Quand , où et à quelle date ont été faites ces plantations ?

Réponse industriel : Je ne suis pas au courant étant juste arrivé mais je me renseignerai et vous donnerai la réponse.

Effluents vers la Légère :

Question CIMES :  De part des directives européennes, la Légère ne doit plus être classée hors catégorie dans quelques années. Qu'est-ce qui est mis en place ? Les normes seront-elles respectées dans les délais voulus ?

Réponse industriel : Nous avons des obligations à respecter, ce que nous faisons. Actuellement, nous devons respecter la classe 3 et il y a un suivi journalier depuis le 1er janvier 2007 à la sortie de l'usine et à Saint Faziol.

Etang de Melzéar :

Question CIMES : Où en est-on de sa réhabilitation ? Quels sont les travaux effectués pour améliorer la qualité de l'eau de l'étang ?

Réponse industriel : Je ne connais pas cet endroit en raison de mon arrivée récente, je ne savais pas que nous avions un étang. Là aussi, je me renseignerai et vous apporterai une réponse.

Boues de la station d'épuration :

Question CIMES : Que deviennent-elles, sont-elles toujours épandues dans des zones agricoles ?

Réponse industriel : Il y a 30 000 m3  par an de boues qui sont tout d'abord stockées dans des bâtiments sur le site (plus en extérieur comme avant) et ensuite épandues. Il y a un suivi agronomique qui est de la responsabilité de la SACER et qui est remis à l'administration.

Projet de cogénération et de valorisation de la biomasse en partenariat avec EDF :

Question CIMES : Quel est ce projet et où en est le dossier ?

Réponse industriel : Le projet prévoit de produire de l'électricité et de la vapeur. L'électricité serait vendue à EDF et nous lui achéterions la vapeur. Cela couvrirait nos besoins en grande partie. La biomasse serait de la paille (80 000 tonnes de paille/an) qui serait brûlée dans une chaudière à paille. Nous ne savons pas si notre projet sera retenu puisqu'il y a de nombreux dossiers de déposés, nous espérons une réponse positive avant l'été et si tel était le cas, sa concrétisation serait à l'horizon 2011. La paille est une énergie renouvelable et une ressource de proximité non utilisée actuellement.

Pollution atmosphérique autour du pôle industriel :

Question CIMES : Est-elle bien contrôlée, quels sont les éléments recherchés ? Par qui est-elle pratiquée ? Où sont mis les capteurs ?

Réponse industriel : Les contrôles sont faits par l'ATMO et IANESO. Les points de rejet sont validés par la DRIRE. L'émission est contrôlée sur le site mais l'impact à l’extérieur du site n'est pas vérifié. Nous ne sommes pas tenus de faire d'étude d'impact.

PPI :

Question CIMESNous avons été informés régulièrement par la préfecture qu'il se mettait en place et que tout allait être prochainement finalisé. Cela fait maintenant des années que cela dure et que la réponse est toujours la même. Qu'en est-il réellement ?

Réponse industriel : Le PPI était basé sur l'étude de danger de 2003 mais il y a une remise à jour de l'étude de danger (suite à des modifications des procédés et à la suppression du stockage d'ammoniac). Elle sera remise à l'administration.

CLIC :

Question CIMES : Nous avions été contactés par la préfecture pour y participer et depuis, pas de nouvelles. Ce CLIC va-t-il réellement se mettre en place ? Pourquoi n'y a t-il eu aucune réunion jusqu'à présent ?

Réponse industriel : Tout ce qui précède (en particulier l'étude de danger) doit être mis en place, ensuite, il appartiendra à la préfecture de désigner les participants au CLIC et de les inviter aux réunions.

Emploi :

Question CIMES : Les effectifs du pôle industriel ont dramatiquement diminué. Est-il prévu une stabilisation des effectifs ?

Réponse industriel : En ce qui concerne Rhodia, la volonté est bien un redéploiement de l'activité.¨Pour ce qui est de Danisco, c'est encore plus nettement annoncé, nous souhaitons clairement le maintien voire le redéploiement en particulier vers d'autres activités qui seraient des produits spécifiques de faible tonnage pour un marché plus riche.

Jardins ouvriers :

Questions CIMES : Sont-ils toujours cultivés par les salariés du site et appartiennent-ils toujours à Rhodia ? Des analyses y sont-elles faites pour s'assurer que les sols ne sont pas pollués ?

Réponse industriel Ils sont gérés par le Comité d'Entreprise et cultivés par les salariés. Il n'y a pas de contrôles d'effectués.

visite de l'usine par CIMESvisite de l'usine par CIMES

Suite à ces présentations et à ces échanges, nos hôtes nous ont fait visiter le site et ont répondu à nos questions durant tout le temps de la visite. Nous avons constaté que le site est propre, qu'à proximité de la station d'épuration, les odeurs sont toujours très fortes et nauséabondes et que les sources sonores sont toujours assourdissantes malgré les travaux effectués (nous avons vu les coffrages installés depuis notre visite précédente).
En conclusion, nous avons été particulièrement bien reçus et nous en remercions les dirigeants de Rhodia et de Danisco. Nous avons pu poser toutes les questions que nous souhaitions et avons eu de nombreuses réponses. Nous sommes tombés d'accord sur le fait que nous devions continuer à échanger et à rester en contact.
Nous ne sommes pas naïfs et savons que les présentations qui nous ont été faites avaient pour but de nous rassurer et de nous convaincre, donc étaient partiales et partielles mais des travaux sont effectués même s'il reste beaucoup à faire et tout cela va dans le bon sens.
La volonté d'améliorer la situation environnementale a été affirmée aussi bien par Rhodia que par Danisco. Mon impression est que cette volonté est très liée aux obligations réglementaires du côté de Rhodia. En ce qui concerne Danisco, elle est également liée aux obligations règlementaires mais également à une culture volontariste en la matière. Les industriels ont souhaité rappeler le difficile équilibre à trouver entre l'économique et l'environnemental. Cette rencontre a été très intéressante, très constructive et devra être renouvelée.

Compte rendu réalisé pour CIMES par Geneviève Paillaud

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