- Rencontres avec de jeunes Melloises -

Février 2006, 4 élèves de première du Lycée Desfontaines de Melle rencontrent notre présidente dans le cadre de leur TPE dont la problématique est la suivante :

"Quelles sont les influences de l'usine de Melle sur l'environnement du Mellois ? "

Voici quelques pages d'information et de positions cimoises... C'est long mais très interessant ! Un peu de courage...Plus d'infos sur les usines de Melle et l'incinérateur dans nos pages documentations et usine.

Geneviève se la joue gentille mais attention je mords !

Pouvez vous nous présenter la CIMES ?

CIMES est une association qui a maintenant 3 ans. Avec plusieurs amis nous avons décidé de faire une association environnementaliste à cause des problèmes de pollution. Nous avons essayé d’avoir un propos de citoyen  avec ce qui se passait sur l’usine. Mais nous n’avons jamais été, contrairement à ce que certains laissent entendre, opposés à l’usine. Il faut un tissu industriel, mais on voudrait que celui-ci soit respectueux de la population pour qu’on puisse vivre côte à côte, qu’il y ait effectivement de l’emploi mais que la population ne supporte pas les nuisances de l’usine. Nous nous sommes créés pour essayer d’avoir un dialogue en particulier avec l’usine puisque c’était pour nous ce qui était le plus polluant sur Melle, et essayer de voir comment on pouvait démocratiquement et par l’échange faire avancer les choses.

En premier lieu nous avons essayé de participer à la commission environnement de la municipalité. Cette commission estimait que la pollution de l’usine n’était pas une cause suffisamment importante. Nous nous sommes donc retirés de cette commission et avons créé CIMES.  Au départ nous étions 12 personnes, au bout d’un an une centaine et maintenant nous sommes environ 170 adhérents avec pratiquement autant de sympathisants actifs, c’est à dire des gens qui viennent à nos assemblées, nos réunions publiques, nos manifestations et il y a également des donateurs.

Notre but est qu’il y ait le moins de dégâts environnementaux possible et aussi de préserver la santé des citoyens mais sans vouloir casser le tissu industriel. On essaie aussi de s’atteler à d’autres problèmes comme les phytosanitaires et la décharge de Loubeau qui est une horreur au niveau environnemental. Mais effectivement, on fait ça avec les moyens qu’on a. On est confrontés à des difficultés parce qu’en face il y a quand même des gens assez puissants (par exemple l’Etat quand il s’agit d’un incinérateur !). 

 

Savez vous quels sont les produits rejetés par l’usine ?

Ce sont de toute façon des produits chimiques, on a effectivement la liste dans nos documents on sait ce qu’il rejette notamment dans l’air mais surtout dans l’eau. Au niveau de la « Légère » (rivière passant sous l’usine) l’eau est polluée. Ils adoptent d’ailleurs des directives de l’Etat, en particulier de la préfecture pour la dépolluer.

 

En visitant la station d’épuration, nous avons pris connaissance d’un étang de décantation qui sortait goutte à goutte dans la légère. Qu’en pensez vous ?
               
Effectivement, cette eau est rejetée dans la « Légère » d’où un problème de pollution. De plus, une nappe phréatique se trouve en dessous de l’usine, nous pensons qu’elle est très polluée. Malheureusement l’usine ne fait pas part à la population des études et des éléments liés à l’environnement.

 

A Rhodia, on nous a  pourtant assuré qu’il n’y avait aucun problème de pollution. Qu’en pensez vous ?

Ce qui est intringant, c’est que la « Légère » a un volume d’eau plus important en sortant de l’usine qu’en y entrant !  On peut donc supposer que l’usine y ajoute d’autres substances… De plus il s’en dégage certaines odeurs et de la mousse. Notons également qu’Henry Vina  (Président de société de pêche) qui suit le dossier de près pourrait vous assurer qu’il n’y a plus de poissons…

 

La présence de polluants est donc prouvée ?
  
Oui, c’est vraiment prouvé. Le préfet exige par des arrêtés de faire le nécessaire pour dépolluer c’est donc que Rhodia pollue.

Dans toute la communication de Rhodia depuis des années ils disent « non ça pollue pas » et systématiquement après ils affirment « c’est moins pollué qu’avant ». Ce qui est sûr, c’est qu’au niveau de la « Légère » ils ne sont pas dans les normes, la « Légère » doit cesser d’être hors norme dans les années qui viennent, elle doit répondre aux normes européennes. Le gros problème de Rhodia actuellement c’est qu’ils ne savent pas comment parvenir à moins polluer la légère.

L’eau est restreinte et ils l’utilisent toute. Il y a aussi un bassin de décantation qui va dedans. Il semblerait qu’ils aient agrandi leur station d’épuration pour qu’il y ait moins de problèmes, ils avaient affirmé entre autre qu’il n’y aurait plus d’odeurs…Effectivement ils ont du mal à dépolluer, ils avaient trouvé la solution en essayant d’installer un incinérateur pour brûler leurs boues. Cela dépolluerait d’une façon, mais l’incinérateur aurait pollué encore plus, donc ça ne peut pas marcher.

 

Qu’est ce que SEVESO II ?

C’est une norme au niveau de la sécurité industrielle et non de la pollution.

Ce nom provient d’un accident très grave (beaucoup de morts) qui s’est passé dans la ville de Seveso. Suite à cet accident, des directives  ont été données dans tous les pays pour contrôler les sites dangereux. A cet effet, Melle doit respecter des normes en matière de sécurité par rapport aux éventuels dangers de l’usine chimique. Ils doivent mettre en application des plans de surveillance et d’informations de la population. Or, l’information de la population n’a toujours pas été faite. CIMES écrit régulièrement au préfet pour savoir quand le plan particulier d’intervention (PPI) promis va se mettre en place.

 

Est ce que Rhodia informe la population de cette pollution ?

Non, pas du tout. Le problème est justement le manque d’information et même la désinformation.
Lorsqu’il y a de gros problèmes, ils les cachent, ils démentent, ils disent « ce n’est pas prouvé, ce n’est pas nous ». Les services de l’Etat ont eux la possibilité de contrôle, mais nous, nous n’avons pas cette possibilité. Lorsqu’ils acceptent de faire visiter, ils font visiter ce qu’ils veulent et ils adaptent leur discours, et par contre ils n’avouent jamais avoir occasionné une pollution.

 

Les employés sont au courant de tout ça ?

Je crois que les employés ne sont pas au courant de tout. De toute façon, qu’ils soient informés ou pas, ils ne peuvent rien dire. Ce qui est sûr c’est que l’on cache des choses aux salariés et qu’il y a toujours le chantage à l’emploi. Le plus souvent le discours des dirigeants c’est : « Les écologistes s’ils gagnent vont faire fermer l’usine et vous n’aurez plus de travail ». Effectivement, la valeur du travail actuellement est importante.

Le chantage à l’emploi est très courant, même vis à vis d’une association comme CIMES. Systématiquement à chaque fois que l’on fait quelque chose on nous dit : « vous voulez faire fermer l’usine ! » La population melloise vit avant tout de Rhodia (c’est un facteur économique important). Il n’y a pas une famille à Melle où  il n’y a pas au moins un ou deux employés de Rhodia.

 

Qu’est ce CIMES met en place pour informer la population ?

Les informations que nous avons, car nous sommes en droit de les avoir, nous les donnons aux réunions publiques. On a fait venir des intervenants extérieurs qui avaient certaines connaissances que nous n’avons pas parce que nous sommes des citoyens comme tout le monde. Nous avons communiqué par tracts et communiqués de presse dans les journaux. Comme on est dans une petite ville, il y a également le bouche à oreille, on discute beaucoup avec les gens.

Les gens, parlent à la fois de notre information et de celle de Rhodia. Lorsqu’on discute avec des gens qui sont un peu réticents sur ce que nous disons nous sommes toujours capables de donner des arguments convaincants, fidèles à nos idées. Pour une petite ville comme Melle, je trouve qu’il y a une bonne participation. Ce qui prouve que les gens sont intéressés à ce qu’on fait et aux problèmes. Ils ont envie d’en savoir un peu plus. Les réunions d’informations prévues sur les problèmes importants comme les projets économiques à long terme pour l’avenir de la ville, organisées par ailleurs, avaient compté 15 personnes. En revanche, lorsque l’on a fait  une réunion d’informations sur les dangers de l’incinération et sur les risques industriels on a réuni 200 à 300 personnes. Les gens se sentent concernés.

 

Quelle est l’influence de l’usine sur l’environnement du Pays Mellois ?

C’est la plus grande source de pollution et de nuisance au niveau de l’environnement. Il y a des nuisances sonores qui sont très importantes, elles ne sont pas ressenties partout de la même façon, ça dépend des vents.

Du côté des vents dominants, en particulier vers Beausoleil c’est infernal. Le soir quand on est sur la place ou vers les salles du Tapis Vert, c’est très bruyant, cela fait partie des nuisances. Il y a des nuisances olfactives qui vont de paire avec les nuisances sonores parce qu’elles suivent aussi les vents. Quand on leur dit que les odeurs sont désagréables ils disent : « ce n’est pas nous, c’est la porcherie ou la station d’épuration de Melle ». Mais suivant la provenance des vents on voit bien d’où ça vient. De plus, les odeurs au niveau de l’usine ne sont pas des les mêmes que celles des porcheries.

 

Ils ont fait une étude,  le jury du nez. Qu’en pensez vous ? 

Oui, ils ont fait un jury du nez, mais nous n’avons toujours pas les résultats, j’espère qu’on les aura un jour.

Plusieurs personnes de l’association y ont participé et comme on n’est pas là pour « faire couler » l’usine on a joué le jeu. Par contre, on s’est rendu compte qu’ils nous demandaient de sentir tous les matins à huit heures. On a remarqué par la suite qu’à huit heures c’est pratiquement l’heure où il n’y a jamais d’odeurs et que celles très fortes apparaissent beaucoup plus souvent le soir. Ce qui se passe, et ce n’est pas uniquement à Melle, c’est qu’ils doivent ouvrir les vannes le soir pour laisser échapper les produits ce qui provoque cette odeur. Nous n’avons donc toujours pas les résultats du jury du nez mais de toute manière, comme les gens devaient sentir le matin, nous n’en espérons pas grand chose.

Le jury du nez n’a pas été mis en place par hasard, c’est la préfecture qui a demandé a ce qu’il y ait des études de faites sur les nuisances olfactives. Des cabinets spécialisés sont payés pour faire ces études, ce sont des professionnels qui savent où aller et quand. Elles sont  chères mais au niveau industriel ils ont les moyens. L’usine a préféré demander s’ils pouvaient faire le jury du nez au lieu d’une analyse de spécialistes, en donnant comme argument « nous allons associer la population à l’usine».  Je pense que si une étude avait été faite par des professionnels, nous aurions déjà les résultats.

Si les résultats disent qu’il n’y a presque pas d’odeurs à Melle ils perdent leur crédibilité, la plupart des gens se rendent bien compte que cela sent souvent mauvais à Melle. Et d’un autre côté, ils ne peuvent pas dire qu’il y a beaucoup d’odeurs car cela démontrerait des nuisances. Les odeurs ne sont peut être pas nocives mais elles restent des nuisances. Ces nuisances doivent faire partie de ce qui doit être amélioré. Les stations d’épuration ont pour but d’éviter les pollutions mais aussi les nuisances olfactives.

 

Mais est ce qu’il y a vraiment une pollution ?

La pollution de l’eau est la seule pollution prouvée, comme la « Légère ».

 

Lors de notre rencontre avec un représentant de l'usine, on nous a dit qu’ils investissent beaucoup d’argent pour l’environnement, vous pensez que c’est vrai ?

Oui, ils investissent beaucoup, mais apparemment cela n’est pas suffisant.

 

Est ce que l’air est pollué ?

A vrai dire, à partir du moment où l’on rejette des produits,  l’air est forcément pollué.

Des systèmes sont-ils mis en place pour éviter la pollution ?

Le problème des industriels qui manquent d’argent comme à Melle, c’est qu’ils veulent économiser sur tout. Afin d’éviter la pollution de l’air, il faut mettre des filtres à la sortie des cheminées malheureusement nous n’avons pas accès aux études qui sont faites. On pense qu’au niveau de tout ce qui est mis aux normes et changement de filtre, cela ne doit pas être fait toujours rigoureusement. Nous, en tant qu'association environnementaliste on aimerait avoir toutes les informations sur l’usine et les résultats des contrôles mais ce n’est pas possible.
De plus, quand les contrôles sont faits ils sont prévenus longtemps à l’avance, ils peuvent arrêter de brûler certaines substances qui polluent, résultats lors du contrôle il y en  a moins !
En général ils se rendent compte de la pollution longtemps après en testant les sols. Il y a certaines usines qui ferment qu’on croyait aux normes et on se rend compte plus tard qu’elles ne l’étaient pas en constatant que les sols étaient pollués.
Les contrôles devraient être inopinés pour être fiables.
A partir du moment où on met une production en place, on doit effectuer parallèlement toutes les mesures qui empêchent la pollution, c’est obligatoire !

 

Mais maintenant c’est trop tard ? 

Je ne pense pas qu’il soit trop tard, je pense qu’ils n’ont pas mis tout ce qu’il fallait en place, la preuve on leur demande d’arrêter de polluer au niveau de l’Etat et il y a des solutions, toutes les usines ne polluent pas de la même façon, toutes les usines n’ont pas forcément des cours d’eau hors norme à la sortie. J’ai un exemple : l’usine d’équarrissage de Benêt en Vendée : il y avait une odeur terrible, ils disaient toujours qu’il n’y avait pas de solution.Une association s’est alors mise en place et ils ont commencé à faire quelques aménagements (grâce à cette association des solutions ont été apportées). La préfecture a demandé des remises aux normes et ils ont fini par recouvrir la station d’épuration (sous cloche). Depuis quand on passe devant il n’y a plus d’odeurs. Le seul problème en fait c’est de savoir si on veut y mettre les moyens ou pas. Quand on veut améliorer les choses on y met les moyens, et si cela coûte trop cher, l’usine n’est plus rentable et elle ferme, c’est ce qu’on appelle : le chantage à l’emploi. Les moyens ils les ont, Rhône Poulenc qui avait largement les moyens de mettre ses usines aux normes aurait pu faire des efforts, en revanche il est vrai que Rhodia a un peu plus de difficultés, surtout actuellement. C’est toujours l’économie qui est confrontée au social et à l’environnemental. Mais l’économie prime par rapport aux problèmes liés à la pollution pourtant on ne peut pas les dissocier l’un de l’autre. Les critères de choix sont : rémunérer l’actionnaire, ou préserver la population et les salariés.

 

Des lois sont prévues non ?

Oui, mais le gros problème (et on le voit tous les jours dans la presse): des usines ferment parce que ça ne rapporte pas assez aux actionnaires même si elles sont aux normes. Les gros groupes n’en ont rien à faire de quelques ouvriers malades ou de quelque population comme à Melle ou il y a seulement 5000 habitants. Ils ne sont pas préoccupés par leur santé. C’est la réalité économique, et c’est dommage. Par contre il y a une législation, effectivement, des normes françaises et européennes elles sont réelles mais il y a toujours des dérogations. Je ne comprends pas qu’ils puissent y avoir des dérogations aux normes pour des prétextes économiques… Les normes devraient être respectées, ce serait le minimum!

 

On ne peut pas dire que Rhodia soit aux normes… Mais avez-vous,  grâce à votre association, les moyens d’arranger ça ?

Nous avons que 3 ans d’existence et on a vraiment l’impression qu’on les dérange pas mal. Pour eux on a quand même acquis maintenant une certaine importance. Rhodia et Danisco parlent beaucoup de nous, ils disent : « il faut faire attention car les « écolos », surveillent ce qu’on a fait ! ». Il est vrai qu’on a quand même réussi à bloquer l’un de leur projet majeur (pour des raisons de pollution). Ce n’est pas du tout pour embêter Rhodia. C’est simplement pour empêcher que la pollution d’un incinérateur s’ajoute à la pollution de l’usine. Je pense qu’on a fait un chemin énorme, qu’on a changé déjà l’aspect des mentalités, avant, si ça venait de Rhodia il fallait se taire et tout le monde acceptait. En revanche maintenant il y a quand même une démarche tout autre.

 

Mais à propos de l’incinérateur, une employée de la  station d’épuration de Rhodia on nous a assuré que l’incinérateur ne polluerait pas…

Je n’ai jamais entendu un industriel dire : « on va installer un incinérateur qui polluera ! », ils assurent donc qu’aucun incinérateur pollue. Par contre, après ils sont obligés de fermer car ils sont hors normes. Les incinérateurs polluent et c’est prouvé scientifiquement ce qui est le plus dangereux pour l’environnement, c’est pour ça qu’on s’est battu contre.

 

Est ce qu’il y a eu des accidents liés à la pollution générée par l’usine?

 C’est très difficile à dire car les accidents liés à la pollution entraînent à priori des maladies et justement sans recherche épidémiologique, on ne peut pas constater qu’il y a plus de maladies à Melle qu’ailleurs. Ces études ne sont pas faisables étant donné que la population n’est pas assez importante de plus elles sont extrêmement complexes. Par contre, ce qu’on sait par les médecins c’est qu’il y a quand même beaucoup de cancers à Melle, apparemment plus qu’ailleurs (mais sans étude, sans preuve on ne peut pas le prouver). Effectivement, il y a beaucoup de salariés de Rhodia qui ont de gros problèmes de santé.

 

Des maladies sont elles liées à l’usine ?

On ne peut pas le dire, mais on a quand même des soupçons en ce qui concerne les salariés de l’usine. On souhaiterait faire une étude épidémiologique mais nous n’avons pas les moyens. Elles servent à voir si dans un périmètre donné il y a plus de maladies qu’ailleurs. Ce sont des recherches qui sont très chères et qui ne se font que rarement, ce sont pourtant les seules preuves crédibles au niveau des maladies. Pour Melle, on sait qu’il y a beaucoup de cancers et d’asthme mais on ne peut pas démontrer que c’est dû à l’usine et qu’il y en a beaucoup plus qu’ailleurs.

 

Des produits sont cancérigènes, les ouvriers doivent donc  être au courant ?

Je pense qu’ils se doutent qu’il y a des choses très malsaines, mais ils n’ont pas le choix, il faut qu’ils travaillent (sur Melle il n’y a que l’usine). Pourtant, il faut quand même ajouter que maintenant les ouvriers sont beaucoup plus protégés qu’avant.

 

Que pouvez vous dire sur la pollution sonore ?

C’est comme pour le reste c’est une nuisance, en fonction du lieu où l’on se trouve sur Melle, les zones sont plus ou moins sensibles mais pour les gens qui se trouvent sous les vents dominants c’est terrible. Ce que j’entends souvent, c’est qu’ils ont vraiment des problèmes pour dormir. En outre, à l’usine ils en sont tout à fait conscients puisqu’ils vont entreprendre des travaux au niveau de Danisco pour réduire la nuisance sonore et l’amplitude des bruits de moitié. S’il n’y avait pas le monde associatif derrière ce ne serait pas forcément dans « l’air du temps » d’où notre utilité. Les nuisances sonores sont très gênantes comme cela peut empêcher de dormir, cela joue aussi beaucoup sur l’humeur, sur la santé. Ils vont donc essayer de se mettre plus ou moins aux normes.

 

Est que l’air respiré lorsqu’il est désagréable, est nocif ?

 Cela dépend, il n’y a pas de rapport systématique entre les deux, mais c’est une nuisance. Quand ça sent mauvais, cela ne veut pas dire qu’il y a plus de produits nocifs dans ce qu’on sent que si on sent rien. En général, quand il y a de très mauvaises odeurs, comme ce sont des odeurs émanant de produits chimiques, cela ne peut pas être très bon pour la santé. Il n’y a cependant pas un rapport systématique entre une nuisance olfactive et une pollution. Il peut y avoir aucune odeur et beaucoup de pollution.
Des études sont faites au niveau de l’air pour savoir s’il est pollué ou non. Une entreprise se nommant l’«ATMO » est chargée de  ces études sur Melle, et les résultats sont toujours les mêmes : l’air n'est pas pollué à Melle. Le problème c’est que ces études ne sont pas faites sous les vents dominants (là où se dirigent l’odeur), les études sont faites en plein centre ville et tout dépend également de ce que l’on mesure. Voilà, nous sommes un peu dubitatifs au niveau de l’efficacité des études puisque qu’elles ne sont pas faites où il faut, quand il faut, et sur ce qu’il faut (par exemple : quand l’usine ne tourne pas ou très peu ou aussi sur la pollution occasionnée par les voitures).

 

Qu’est ce qui est mis en place sur le Mellois en cas de problèmes au niveau de l’usine (accidents ou autre) ?

Justement pour l’instant on ne sait pas puisque les obligations liées au site SEVESO II n’ont pas encore été respectées à cause du retard. Un plan doit être mis en place, il doit être validé par la préfecture. Au niveau de Rhodia ils nous disent que c’est la préfecture qui est en retard (ce qui n’est pas complètement démenti par la préfecture). Ils disent aussi que de toutes façons toutes les mesures de sécurité sont vues en interne puisque les services incendie au niveau de Rhodia sont en rapport avec les services incendies départementaux. Cependant, la population devrait être informée et elle ne l’est toujours pas et c’est très grave car les gens ne savent pas ce qu’ils devraient faire en cas de problème. Il me semble que le nécessaire a été fait au niveau de l’école du Simplot située à proximité de l’usine.

 

Ils font quand même très attention, il y a des normes…

A partir du moment où un site est classé SEVESO II c’est qu’ils estiment qu’il y a un risque énorme,  SEVESO II = RISQUES.
Ce qu’on voudrait c’est simplement une information claire sur ce qu’il faut faire en cas de soucis, pour l’instant on sait juste qu’il faut se brancher sur D4B. Cela fait deux ans que l’obtention des plans est retardée. Le risque le plus important c’est surtout au niveau de la propagation due à une fuite de l’ammoniaque qui est stocké en haut de l’usine près de la colonne. Le risque est surtout au niveau des émanations et le plan prévu sur Melle l'est en cas de nuage toxique (Seveso est le nom de la ville où il y a eu un nuage toxique). L’exemple de Toulouse rejoint nos craintes tant qu’il n’y a pas d’accidents rien n’est fait. C’est après l’accident que les normes sont mises en place, il n’y a jamais de préventif ! Les normes sont mises en place en France depuis cette catastrophe.

 

Mais alors comment une usine peut tourner avec des risques comme ça ?

C’est l’aspect économique, l’emploi qui prime. Les gens préfèrent travailler en prenant des risques que ne rien faire. Le problème c’est que sur Melle il n’y a que l’usine. Ils l’ont tellement privilégiée que les « politiques » n’ont jamais essayé d’attirer d’autres entreprises et il est de plus en plus difficile d’en attirer. Ils mettent toujours en avant l’emploi, mais je trouve que la santé des gens doit aussi être une priorité. Il y a des logiques économiques qu’on a du mal à comprendre, cela ne leur coûte pas cher.

 

Est il possible que CIMES s’occupe de la mise en place de plan ?

C’est déjà fait, on a écrit ils nous disent que cela va arriver mais cela traîne, et on n’a pas de pouvoir, on peut juste leur rappeler que c'est bien long et on le fait ! ! !

 

Moi je dis : Bravo les filles pour ce bel interview et beau boulot pour votre TPE ! En plus je crois que vous avez eu une excellente note et je crois aussi que c'est la page la plus visitée du site...

Actions de CIMES

Documentations et usine

Accueil site