- Entretien avec la jeunesse Melloise -

Fin 2006, des lycéennes contactent CIMES dans le cadre de leur travail sur une association. Voici donc les questions / réponses en ligne. Nous les mettonqs car si ces questions nous ont été posées par les lycéennes dans le cadre de leur travail, il est possible que d'autres se les posent et que nous espèrons que les réponses sauront répondre à leurs interrogations. Pour tout renseignement complémentaire sur CIMES ou sur notre travail, n'hésitez pas à nous écrire sur l'adresse e.mail ou dans le forum.

- Quelles sont les dates importantes dans l'histoire de l'association ?

La création de l'association CIMES par une petite équipe d'écologistes : L’association a vu le jour le 21 septembre 2002, date anniversaire de l'accident de l'usine AZF de Toulouse.
La manifestation contre l'incinérateur : Une grande réussite dans les rues de Melle en septembre 2004.
La victoire contre l'incinérateur : Décembre 2005, notre détermination et nos recours juridiques ont permis de venir à bout de l'incinérateur. Le tribunal administratif de Poitiers a annulé le permis de construire. Cimes, une petite association environnementaliste melloise a donc gagné contre l'Etat et son représentant, le Préfet qui avait autorisé par arrêté la construction de l'incinérateur voulu par Mellergies.

- Par qui et comment ont été distribuées les rôles au sein de l'association ?

Lors des assemblées générales annuelles, les adhérents élisent un conseil d'administration. Le conseil d'administration qui se réunit suite à l'élection élit à son tour les membres du bureau ainsi que les administrateurs appelés à des fonctions telles que Président(e) et vice présidents(es), secrétaire, secrétaire adjoint(e), trésorier(e), etc. Tous sont membres du Conseil d'Administration élu par les adhérents.

- Comment sont organisées les assemblées générales ?

Tous les adhérents sont convoqués par courrier pour participer à l'assemblée générale annuelle. C'est le bureau de l'association qui convoque et les membres du Conseil d'Administration participent à la préparation.
La Présidente, la Secrétaire, les Vices Présidents, la Trésorière préparent les différents bilans nécessaires à la tenue de l'Assemblée et ceux ci sont soumis au vote des adhérents.
Les membres du Conseil d'Administration s'investissent tous dans cette préparation car les assemblées générales sont un moment très important pour la vie d'une association (bilan de l'année écoulée, perspectives, rapport financier), tout cela intéresse fortement les adhérents.
Nous avons également la chance d'avoir un web master (membre du CA) très compétent et plein de bonnes idées qui anime les AG par des animations informatiques.

- Quelles sont les tâches des nombreux adhérents investis dans l'association? Est-ce seulement un soutien financier ?

Les adhérents participent aux manifestations, aux groupes de travail, apportent leurs connaissances sur les différents sujets à traiter et apportent également leur soutien financier. Ils participent également à la  distribution des tracts et publications de CIMES.

- L'argent de l'association vient-il seulement des dons faits par les adhérents? Si non, quelles sont les autres sources?

L'argent de l'association vient des adhésions et des dons des sympathisants. Ce sont ses seules ressources financières. Nous avions, les premières années, une subvention annuelle de 75 € de la municipalité de Melle (ce qui était vraiment peu) mais nous avons décidé de ne plus demander ni accepter cette subvention. Nous ne la recevons donc plus.

- A quoi sert l'argent concrétement: à la prévention, aux actions directes sur le terrain, ...?

L'argent nous a servi à aller en justice, c'est, et de loin, notre principal poste de dépense. Les recours juridiques sont très chers. Pour le reste, nous avons principalement les frais postaux (budget important) et les dépenses liées à nos publications : tracts et journaux.
Lorsque nos moyens nous le permettrons (si nous n'avons plus de frais de justice) nous pensons faire faire des analyses (eau, air) mais, là aussi, les coûts seront très importants et notre association n'est pas riche.

- Avez vous un dédommagement financier pour votre temps investi dans l'association ?

Non, aucun membre de l'association n'a de dédommagement financier, nous sommes tous 100 pour 100 bénévoles.

- L'association a t'elle eu des bénéfices ou des déficits important depuis sa création ? Pourquoi ?

Pour information, notre association n'est pas à but lucratif donc ne peut avoir de bénéfice (comment en aurait-elle d'ailleurs ?). L'argent reçu ne sert qu'à couvrir nos besoins et nous nous adaptons avec un contrôle très strict de notre trésorière qui est en capacité de nous dire ce que nous pouvons, ou ne pouvons pas faire compte tenu de nos finances.
Nous utilisons ce que nous avons et uniquement ce que nous avons donc, ne pouvons ni être bénéficiaires, ni être déficitaires. Le but de l'association n'est pas de faire de l'argent. Il s'agit d'une association environnementaliste qui fait ce qu'elle peut avec les moyens qu'elle a.

- Qui réalise les différents articles dans le journal "l'écho des CIMES"?

Les articles du premier numéro ont tous été rédigés par des membres du conseil d'administration. Chacun a traité un sujet qui lui tenait à coeur. Nous avons été une dizaine à travailler sur ce journal.
Nous avons dans l'association, un groupe communication qui est chargé, entre autre, de faire vivre le journal et d'autres adhérents participeront au 2ième numéro prévu pour parution avant l'été.

Dans le cadre de la lutte contre l'incinérateur...

- Combien de personnes ont signé la pétition et a-t-elle permis de faire avancer les choses?

Nous avons eu environ 700 signatures. La pétition a permis de faire avancer les choses puisqu'elle a démontré que nous étions nombreux à nous opposer à l'incinérateur et non une poignée comme les promoteurs l'auraient souhaité.
Faire signer la pétition est un des éléments qui nous a aidé à gagner mais c'est la conjugaison de toutes nos actions qui a permis à CIMES de faire annuler le projet

- Quels résultats ont été obtenus grâce au recours en juin 2005 ?

Le recours de juin 2005 a permis de gagner la première bataille. En effet, devant les arguments développés par CIMES et son avocat, les promoteurs du projet (Mellergies) ont retiré leur permis de construire et ont été obligés d'en redéposer un autre. Le manque de rigueur dans leur premier dossier nous a permis de gagner du temps et nous a confirmé le fait que la bataille juridique pouvait être gagnée. C'est ce qui nous a donné le courage et la volonté de déposer, par la suite, un deuxième recours.

- Qui décide le retrait du permis de construire ? Comment est reçue la nouvelle par les adhérents à l'association ?

C'est Mellergies qui a décidé du retrait du premier permis de construire car, vus les éléments présentés dans notre dossier, il y avait de gros risques, pour eux, que la justice l'annule. Afin d'aller plus vite, Mellergies a pensé qu'il était préférable de déposer une deuxième demande, mieux construite, ce qui leur évitait d'attendre un jugement défavorable qui leur aurait fait perdre du temps. Il est, de plus, toujours plus difficile de gagner sur un recours que sur un nouveau dossier retravaillé.
Le retrait de ce premier permis de construire a été ressenti comme une victoire pour les adhérents. C'était une très bonne nouvelle, nous avions gagné la première bataille. La construction de l'incinérateur ne pourrait pas se faire dans l'immédiat et nous savions que le temps jouait pour nous.
 
- Pourquoi un deuxième recours ? Comment est reçue la nouvelle par les adhérents à l'association ?

Le deuxième recours était une évidence puisque Mellergies avait déposé un nouveau dossier et que le nouveau préfet avait, lui aussi, accepté le second permis de construire par arrêté préfectoral.
Nous avions gagné la première fois, il nous fallait donc recommencer à nous battre contre ce nouvel arrêté. Nous étions confiants car nous avions relevé plusieurs points qui, de notre avis et de celui de notre avocat, pouvaient, cette fois encore, nous permettre de gagner en justice.
Tous les adhérents étaient en complet accord avec cette décision d'attaquer à nouveau en justice et nous avons encore reçus des dons pour déposer ce deuxième recours.

- Quel impact les conclusions non-favorables du commissaire enquêteur au projet de Mellergies a t-il sur le dossier ?

Il y a une petie erreur dans la question, en effet, malgré les nombreuses dépositions des opposants à l'incinérateur, le commissaire enquêteur avait rendu un avis favorable au dossier.
Il faut noter que les conclusions du commissaire enquêteur n'ont pas un rôle décisifs. Elles doivent aider le préfet à prendre sa décision mais, pour le projet mellois, il ne faisait, à nos yeux, aucun doute qu'il donnerait son aval au projet, avis favorable ou non.
Dans de nombreux cas, on a vu un commissaire rendre un avis défavorable sur un projet de construction d'incinérateur ce qui n'empêchait pas le préfet du département concerné, de donner un son accord au projet.

 

Une autre interview sur l'usine par des lycéennes

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